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Indonésie : rencontre à Paris sur les efforts de la société civile pour réaliser un « Tribunal du peuple » sur les massacres de 1965

Suite à la sortie du film de Joshua Openheimer «The Act of Killing», Réseau Indonésie et CCFD-Terre Solidaire accueillent une témoin proche des victimes. Un dialogue suivi par la présentation des derniers efforts de groupes indonésiens de la société civile pour réaliser un «Tribunal du Peuple».

La sortie du film de Joshua Openheimer «The Act of Killing» en Novembre 2012 a fait beaucoup de bruit. Des commentaires pour et contre circulent dans la presse. Ceux qui sont pour disent que c’est un progrès à l’égard de la lutte des victimes pour leurs droits. Ceux qui sont contre considèrent que ce film est trop violent, n’est pas équilibré car il ne donne la parole qu’aux bourreaux, et certains même considèrent qu’il ne vaut pas sa nomination aux Oscar. Le fait est que ce film est difficile à comprendre sans un peu connaissance historique de l’Indonésie, surtout sur la succession de pouvoir de Soekarno à Soeharto.

Quelques mois avant, en juin 2012, la Commission Nationale des Droits de l’Homme d’Indonésie a publié un rapport sur l’événement. Ce rapport historique est basé sur les résultats d’une enquête menée dans quatre régions entre 2008 et 2012 (Mauméré, les Iles Moluques, Sumatra Sud et Sulawesi Nord) et sur la compilation des témoignages de 349 témoins et survivants. Bien que le rapport ne cherche pas à extrapoler le nombre de victimes à l’échelle nationale, d’écrasante preuves mènent à la conclusion qu’il y avait un massacre «généralisé et systématique » : extermination, esclavage et travail forcé, expulsions et exils forcés, privations de liberté, tortures, viols et sévices sexuels et des disparitions inexpliquées. La Commission reconnaît que les victimes ont été ciblées pour leurs liens présumés avec le Parti Communiste Indonésien (PKI, Partai Komunis Indonesia) et reconnaît l’État Indonésien comme l’instigateur des crimes, soulignant que « ces événements sont le résultat de la politique de l’État visant à exterminer les membres et sympathisants du PKI qui était accusé d’avoir mené un coup d’Etat ».

Comme décrit par un rapport de 1978 de la CIA, les massacres de 1965 en Indonésie peuvent être classés comme «l’un des pires meurtres de masse du 20è siècle. » Cependant, ce crime contre l’humanité est à peine connu à l’échelle internationale, alors que les massacre au Rwanda, en Yougoslavie et au Cambodge ont reçu une large attention internationale. Sans chercher à être en compétition de popularité avec eux, les victimes, leur proches et certains groupes de la société civile travaillent pour que leur histoire soit reconnues. L’une des mesures qu’ils préparent est d’organiser un « Tribunal du Peuple » sur ce massacre.

Le 17 Mars 2014, Réseau Indonésie et CCFD-Terre Solidaire vont accueillir une témoin, proche des victimes, Mme Soe Tjen Marching Go. Nous allons lui offrir un lieu de parole, regarder ensemble un film sur le fond politique des événements (Shadow Play, 100 minutes), présenter et discuter les derniers efforts de groupes
indonésiens de la société civile pour réaliser un «Tribunal du Peuple».

Lieu: Siège du CCFD, 4 rue Jean Lantier, 75001 Paris.
Heure: 10h-14h

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