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L’exil en France, parcours de femmes du Vietnam et du Laos

Les bons souvenirs de son enfance sont rares. Issara a très vite été confrontée à la dureté de la vie, trop vite arrachée de l’insouciance de son enfance, au Laos. A 50 ans, toujours hantée par son passé, elle reste optimiste.

« Pour moi, l’exil n’a pas commencé en France. L’exil s’est emparé de la maison, chez moi, quand du jour au lendemain le décor a changé, les gens ont changé et papa est parti ». C’était en 1975 et Issara* n’avait que 11 ans. Ce jour-là, de la suavité de l’enfance et de l’école, elle est soudainement jetée dans l’abomination de la guerre, des troubles politiques et tout ce qu’ils comportent : les camps de réfugiés, la trahison, le mensonge, le mépris. « Ça te construit pour toute ta vie », susurre-t-elle.

D’une vie de princesse au camp de réfugiés
Elle boit une gorgée de son chocolat chaud pour bien avaler son émotion. Regard attentif, les cheveux longs et lisses rangés derrière la tête, ses mains étranglent la tasse… pour se réchauffer ou se concentrer. Très pudique, elle est avare de mots pour décrire ses malheurs. Mais elle n’hésite pas à dire sa reconnaissance aux personnes qui l’ont accueillie à son arrivée en France, en 1979.

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Ca Dao a fui le Vietnam communiste en 1980. Réfugiée aux Pays-Bas, puis en France, cette activiste des droits de l’homme est désormais interdite de séjour dans son pays d’origine. Elle revient sur son odyssée de boat-people et lien viscérale qu’elle conserve avec le Vietnam.

Une nuit d’octobre 1980, à quelques encablures des côtes vietnamiennes. Une nuée de petits bateaux converge vers un navire à peine plus grand. « Je tremblais. Je ne sais pas si c’était de froid ou de peur ». Ca Dao – le pseudonyme qu’elle utilise désormais pour ses activités de militante des droits de l’homme – a encore la voix qui tremble lorsqu’elle raconte sa fuite.

« Je savais que c’était dangereux, mais je préférai mourir en mer que de rester. Je n’avais plus confiance en personne. Même dans les familles, on se taisait. » Ce soir-là, elle n’a presque rien emporté, si ce n’est les 200 grammes d’or pour les passeurs et une bague donnée par son père.
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