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Accaparement des terres: dialogue de sourd entre villageois et entreprise

mondolkiri

La première rencontre entre les familles appartenant à une minorité ethnique et les représentants d’une plantation de caoutchouc qui a pris leurs terres dans la province de Mondolkiri, au Cambodge, a tourné court.

Pour la première fois, des familles appartenant à une minorité ethnique et vivant dans le district de Keo Seima, dans la province de Mondolkiri au Cambodge, viennent de rencontrer les représentants d’une plantation de caoutchouc qui accapare la majorité des terres de la région.

Ces familles essaient d’obtenir un titre de propriété pour le territoire de leurs ancestres et espèrent recevoir l’appui des autorités provinciales.

D’après Yin Min, l’un des villageois, environ 200 individus appartenant majoritairement au peuple stieng tentent depuis un an d’obtenir un titre de propriété pour près de 3 500 hectares de terres ancestrales. De son côté, la plantation Sovan Reachsey a fait main basse sur toute cette zone, à l’exception de 600 hectares. Yin Min explique que les familles se sont plaintes aux autorités gouvernementales et à des ONG : l’installation de l’exploitation a été acceptée dès 2010, mais ce n’est que lundi dernier qu’une réunion a enfin pu être tenue avec l’entreprise.

Toujours selon lui, toutefois, les villageois et les dirigeants de la plantation ne sont pas parvenus à un accord sur les limites géographiques de l’exploitation : « La rencontre d’hier n’a rien apporté de concret. Nous attendons maintenant une décision des autorités provinciales. Nous espérons qu’elles se prononceront en faveur de la minorité pour que nous puissions protéger nos traditions », constate-t-il.

Le propriétaire de la plantation reste inconnu

Selon Yin Min, les représentants de la plantation n’ont pas apporté davantage d’informations. Il ne sait toujours pas qui en est le propriétaire mais rapporte que les représentants étaient Vietnamiens et que seul l’un d’entre eux parlait khmer. Des entreprises vietnamiennes ainsi que certaines de leurs filiales possèdent de nombreuses exploitations de caoutchouc dans le nord-est du Cambodge. Régulièrement, elles sont accusées d’accaparer les terres et d’abattre les forêts illégalement avec l’accord tacite du gouvernement.

Le gouverneur Sin Vanvuth, gouverneur du district, a confirmé avoir pris part au débat qu’il a qualifié de stérile :« Les discussions n’ont abouti à aucun accord parce que les opinions des deux parties divergent en ce qui concerne les limites des terres appartenant à la communauté et la superficie de l’exploitation », a-t-il commenté avant de raccrocher. Il doit référer de cette affaire au gouvernement provincial.

Em Sopheak, coordinateur provincial au Centre d’éducation légale de la communauté (ONG d’assistance légale), explique avoir enquêté sur cette affaire. Selon lui, les familles sont parfaitement en droit de réclamer ce titre de propriété.

Ce document est établi spécifiquement pour protéger les communautés de minorités ethniques des entreprises privées en empêchant celles-ci d’empiéter sur les territoires indigènes.

Em Sopheak regrette que la demande pour ce titre soit confrontée à un défi supplémentaire : la zone concernée est à cheval sur les provinces de Mondolkiri et de Kratie. De ce fait, les autorités locales sont réticentes à signer certains des papiers et formalités nécessaires.

Traduction : Cindy Presne (Tradadev)
Source : Kuch Naren/Cambodia Daily
Photo : AG Toine / Flickr

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