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La croisière s’amuse : le monde de la flotte par ses employés indonésiens

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Le personnel de bord indonésien sur les croisières bénéficie d’une sorte d’expérience cosmopolite. Pourtant, leur expérience n’a rien d’un long fleuve tranquille.

Le personnel de bord indonésien sur les croisières bénéficie d’une sorte d’expérience cosmopolite. En effet, les employés semblent être de bons candidats pour le développement d’une image multiculturelle. Ils sont bien éduqués, ouverts sur le monde et en contact permanent avec des gens de pays différents. Ils se déplacent souvent vers des destinations lointaines, mais pourtant ils n’apprécient guère cette expérience.

Ces travailleurs sont mobiles mais n’ont cependant pas le privilège d’être en bonne santé et libre. Selon un barman balinais, « on travaille 14, voire 16 heures par jour, c’est très dur : il y a beaucoup de pression aussi bien de notre manager que des patrons, mais également de la part des clients, qui sont souvent très exigeants ». Un blog indonésien met en garde, « pour les gens ordinaires, travailler sur un bateau de croisière paraît passionnant et plein de promesses. Mais la réalité est bien différente : vivre à bord du navire pendant des mois est un véritable enfer ».

Les travaux d’entretien des navires de croisière semblent similaires au travail dans un hôtel, mais ce n’est pas le cas. Sur un bateau de croisière, il est impossible d’échapper ni aux longues heures de travail dans des espaces étroits, ni à l’humiliation, à l’exploitation ou au harcèlement lorsqu’il a lieu.

Les employés balinais sur les croisières acquièrent des compétences, de la confiance et – éventuellement – une certaine prospérité. Pourtant, de longues périodes en mer peuvent perturber leur vie culturelle, religieuse et personnelle, notamment au niveau du mariage et de la famille proche. Au retour, ils sont très à l’aise dans l’accueil des étrangers, mais cela est valable dans de nombreux autres services dans le secteur du tourisme.

Une fois le travail à bord fini et de retour chez eux, la plupart ne semblent pas penser différemment qu’à leur arrivée sur le navire en matière de religion, d’identité, d’avenir de la nation indonésienne, ou même de normes sexuelles. Ils ne semblent pas avoir développé une conscience plus cosmopolite que les autres travailleurs du tourisme, malgré des années passées en dehors du pays dans un « monde flottant » multiculturel.

Voir le monde et s’enrichir rapidement

Le tourisme de croisière de luxe constitue une grande entreprise dans le monde entier. Des lignes de croisière transnationales recrutent activement aux Philippines et en Indonésie, où des travailleurs bien formés peuvent être mal payés, ce qui permet de maximiser les profits. Un chargé de recrutement pour un bateau de croisière explique la situation : « les bateaux veulent recruter des personnes originaires de Bali, car leur niveau d’anglais est bien meilleur comparé que les autres. Et aussi parce que la notion de servitude est inscrite dans leur histoire.»

Les centres de formation de travail en croisière à Bali peinent à suivre la demande des jeunes diplômés du secondaire. Les parents à faible et moyens revenus sont fiers lorsque leurs enfants sont employés sur une croisière. Cette situation amène de plus en plus de jeunes à s’inscrire aux programmes de formation : ils s’attendent à faire beaucoup d’argent rapidement. Mais ce sont avant tout les formateurs et les chargés de recrutement qui gagnent vraiment bien leurs vies.

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