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Indonésie : les cafés ne sont plus ce qu’ils étaient à Yogyakarta

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Récemment, les angkringans ont commencé à perdre leurs roues. Ils ne sont plus déplaçables, comme s’ils avaient accepté leur place, sur le seuil d’un monde qui change trop vite.

Comme d’autres initiatives économiques populaires en Indonésie, les origines de l’angkringan (échoppe mobile, installée sur les trottoirs) ne sont pas claires. Iman Budi Santosa, un poète qui vit à Yogyakarta depuis les années 1960, ne se souvient pas en avoir vu au cours de ses premières années en ville. Lorsque lui et d’autres poètes erraient dans l’emblématique Jalan Malioboro (NDLT : une célèbre rue commerçante à Yogyakarta), ils se retrouvaient généralement à un comptoir accolé à une habitation ou à un étal au nord de la gare de Tugu. La première fois qu’Iman a vu un angkringan à Yogyakarta et ses environs, c’était en 1982.

« Les angkringans sont un cadeau offert lors de l’élargissement des trottoirs », selon Iman. Les années 1980 sont synonymes des prémices d’un boom économique en Indonésie, fondé sur la dette exterieure et la stabilité politique du pays, après la concentration du pouvoir aux mains du Nouveau Régime, dominé par les militaires.

A Yogyakarta, les infrastructures ont été modernisées et des plans de développement élaborés afin de répondre aux changements démographiques de la ville et à l’augmentation du niveau de vie d’une grande partie de la population citadine. Les gens ont commencé à sortir de chez eux plus souvent, attirés dans des lieux publics tels que les angkringan et les gardu siskamling (des postes de sécurité publics) où ils pouvaient se détendre et faire des rencontres.

Les angkringans ont connu leur âge d’or dans les années 1990 avec peu de changements dans la conception des chariots et les méthodes commerciales de leurs propriétaires. Généralement, ils étaient cachés sous des porches de boutiques fermées, à des coins de rue ou près de routes calmes et vides. Même s’ils avaient des roues et qu’on pouvait les déplacer, leurs propriétaires ne s’éloignaient jamais beaucoup de leur emplacement habituel. On pouvait les trouver à travers toute la ville. Ils sontainsi devenus une caractéristique de la vie nocturne de la ville et fonctionnaient en harmonie avec l’effervescence de Jalan Malioboro. Aujourd’hui, ils sont beaucoup moins visibles et leur nombre a diminué. Pourtant, ils étaient tellement populaires en 1990, que la chaîne de télévision locale de Yogyakarta avait diffusé une émission appelée « Obrolan Angkring » (Parlons Angkringan). Cette émission est toujours à l’antenne aujourd’hui.

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