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Au Cambodge, le FMI maintient la corruption dans l’ombre

14/01/2014 by Slate in Corruption, Politique

«La tolérance zéro pour la corruption est primordiale. L’État doit être le serviteur et non le maître du peuple», a déclaré Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international, plus tôt cette année. Mais lors de sa visite au Cambodge début décembre, identifié comme le deuxième pays le plus corrompu en Asie de l’Est et le plus corrompu de la région ayant des relations officielles avec le FMI, elle n’a rien dit de la sorte.

Le dernier indice de perceptions de la corruption de Transparency International, publié lors de la visite de Mme Lagarde, a classé le Cambodge juste derrière la Corée du Nord en Asie de l’Est, 160e sur les 177 pays étudiés. La Banque asiatique de développement a de même constaté que la corruption continue d’être le «sujet principal de préoccupation pour l’amélioration de l’environnement des affaires et de la gouvernance au Cambodge». Cela n’est pas nouveau. En 2005, James Wolfensohn, alors président de la Banque mondiale, avait déclaré que le Cambodge était confronté à trois défis majeurs: «la corruption, la corruption, la corruption.»

Le FMI reconnaît que la corruption menace l’intégrité du marché, fausse la concurrence et met en danger le développement économique, tout en sapant la confiance du public en son gouvernement. Pourtant, la directrice générale du FMI a omis de mentionner ce fléau, même indirectement, lors de sa première visite au Cambodge en tant que directrice du FMI. Mme Lagarde a souligné la croissance inclusive, en reconnaissant les inégalités flagrantes dans le pays, et a encouragé un plus grand investissement dans l’éducation et l’emploi. Mais elle a ignoré le détournement des ressources de l’État qui siphonne les fonds désespérément nécessaires pour l’éducation et d’autres services publics essentiels.

Mme Lagarde n’a pas non plus reconnu publiquement d’autres problèmes de gouvernance cruciaux qui nuisent à l’économie, aggravent la corruption et approfondissent les problèmes sociaux et politiques. Les tribunaux du Cambodge restent contrôlés par le Parti du peuple cambodgien (PPC) au pouvoir, faisant de l’État de droit, un rêve encore lointain autant pour les Cambodgiens que pour les investisseurs.

Elle n’a pas mentionné ce que même les diplomates habituellement prudents soulignent régulièrement : la crise de l’accaparement des terres qui profite au Premier ministre Hun Sen, à d’autres responsables gouvernementaux et à leurs acolytes. Il ne s’agit pas d’un petit problème dans un pays qui demeure essentiellement agraire.

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