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La collecte de fonds de l’opposition en Thaïlande

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Le 13 janvier, les partisans de l’opposant Suthep Thaugsuban tenteront de bloquer les principales artères de Bangkok, une opération ville morte destinée à pousser le gouvernement dehors. Et pour soutenir leur cause, ils collectent des fonds. Reportage.

Les manifestants thaïlandais en ont assez des votes achetés et autres manipulations électorales. Aujourd’hui, ils sont nombreux à verser des sommes importantes pour aider un fauteur de troubles provocateur qui dit vouloir aller jusqu’à l’annulation du scrutin prévu le mois prochain.

Le 9 janvier, sous les acclamations, des milliers de gens se bousculaient pour tendre des liasses de bahts à Suthep Thaugsuban, en tête d’un cortège qui défilait dans les rues encombrées de Bangkok afin de collecter des fonds, tandis que les membres de son équipe entassaient les billets dans des sacs poubelle.

La manœuvre avait ostensiblement pour objectif de faire parler du projet de Suthep, qui compte bloquer le centre de la capitale la semaine prochaine dans l’espoir de contraindre le Premier ministre Yingluck Shinawatra à renoncer aux élections annoncées pour le 2 février. Or, ces dons qui, ces dernières semaines, auraient franchi la barre des 1,5 million de dollars [1,1 million d’euros], selon un porte-parole de Suthep, sont essentiels à la poursuite des manifestations. Ils risquent d’ailleurs de précipiter une confrontation entre les contestataires du camp de Suthep et les millions de Thaïlandais plus pauvres, vivant principalement dans les campagnes, et qui soutiennent ses rivaux du clan populiste des Shinawatra.

Les politiques populistes du gouvernement

Suthep, personnage trapu qui a un temps occupé les fonctions de vice-Premier ministre, affirme que la Thaïlande doit mettre sa démocratie entre parenthèses et se doter d’un conseil non élu chargé d’éradiquer l’influence de son ancien dirigeant, Thaksin Shinawatra, le frère aîné de Yingluck. Il y a plus de sept ans, Thaksin a été renversé par un coup d’Etat militaire, mais Suthep et beaucoup de ses concitoyens considèrent qu’il continue à gouverner secrètement le pays depuis l’étranger.

En Thaïlande, il est courant d’entendre la population se plaindre ouvertement du fait que les votes sont achetés. Il est donc d’autant plus frappant de voir les gens de la rue glisser des liasses de billets dans les mains tendues d’un homme politique.

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Photo: @LION_Takashi/twitpic

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