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Cambodge: le consommateur doit-il payer l’amélioration de la sécurité des ouvriers?

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Interview de Nayla Ajaltouni, coordinatrice du collectif Ethique sur l’étiquette, qui explique pourquoi les multinationales du textile doivent obliger leurs filières et sous-traitants à être responsables en la matière…

Les conditions sociales des travailleurs du textile sont une fois de plus sur le devant de la scène. Après le drame d’avril dernier au Bangladesh, c’est au tour des ouvriers cambodgiens -ils sont 650.000, dont 400.000 au moins au sein de sous-traitants de grandes marques internationales comme Nike ou Gap- de se mobiliser. Des manifestations réprimées dans le sang par les autorités. Pour Nayla Ajaltouni, coordinatrice du collectif Ethique sur l’étiquette, c’est aux multinationales du textile d’obliger leurs filières et sous-traitants à être responsables en la matière.

Que se passe-t-il au Cambodge?
Les travailleurs du textile sont à nouveau mobilisés pour obtenir une augmentation du salaire minimum de 80 à 160 dollars (117 euros) par mois. Le gouvernement a promis de le porter à 95 dollars, mais c’est insuffisant. Il faut que ces ouvriers puissent obtenir un «salaire vital», qui leur permette de vivre et de satisfaire leurs droits fondamentaux (se nourrir, se loger…). Sans compter qu’ils travaillent dans des conditions très difficiles, sur des durées bien supérieures à celles préconisées par les instances internationales, et ne bénéficient pas d’autres revenus qui seraient issus d’un système redistributif, comme l’accès à la protection sociale.

Le drame de Dacca n’a donc rien changé aux conditions de travail dans ce secteur?
Grâce à la pression médiatique et citoyenne, les multinationales du textile ont signé un accord sur la sécurité des usines. Mais elles ne sont pas juridiquement responsables lorsque leurs filiales ou leurs sous-traitants violent les droits humains. Nous soutenons en ce sens la proposition de loi des députés Danielle Auroi (EELV) et Dominique Potier (PS) qui vise à mettre un terme à cette impunité. C’est le cœur du problème: tant que les multinationales resteront impunies pour les conséquences négatives de leurs activités, elles continueront à fonctionner de cette façon inacceptable.

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Photo: ILO in Asia and the Pacific / Flickr
Dans la presse francophone
Golden Silk, l’autre industrie du textile au Cambodge (Le petit Journal/Phnom Penh)
La révolte des ouvriers du textile gagne le Cambodge (Novethic)

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