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Cambodge: Yorm Bopha libérée!

La Cour suprême du Cambodge a annoncé le 22 novembre 2013 la libération sous caution de Yorm Bopha à l’issue de son audition. Cette militante du droit au logement, considérée comme prisonnière d’opinion par Amnesty International, était emprisonnée depuis septembre 2012 et faisait l’objet d’une vaste campagne internationale pour demander sa libération.

Les cinq juges de la Cour suprême ont notamment considéré que certains éléments de preuve avaient été négligés au cours de l’examen de son cas en appel en mars dernier.

Sa libération sous caution a été prononcée après un quart d’heure de délibérations.

Mais les poursuites ouvertes à l’encontre de Yorm Bopha n’ont pas été annulées pour autant. Le cas de Yorm Bopha a été renvoyé devant la Cour d’appel, les juges ont également demandé l’ouverture d’un complément d’enquête.

La date de ce nouveau jugement devant la Cour d’appel n’a pas encore été fixée.

Retour sur une année d’emprisonnement

Yorm Bopha a été arrêtée le 4 septembre 2012 et accusée d’avoir planifié une agression sur deux hommes. Le lien entre cette arrestation et son implication dans le combat pour la défense des droits des habitants du lac Boeung Kak est vite devenu évident.

Elle a été condamnée à l’issue d’un procès inéquitable qui a eu lieu les 26 et 27 décembre 2012, sans qu’aucune preuve ne vienne étayer l’accusation.

Yorm Bopha a tout d’abord été incarcérée à la prison de Prey Sar à Phnom Penh, tristement célèbre en raison de la dureté de ses conditions de détention. En raison de son état de santé, elle avait été transférée dans un commissariat de Phnom Penh il y a quelques mois.

Le 26 mars 2013, la Cour suprême du Cambodge avait rejeté la demande de mise en liberté sous caution formulée en appel par Yorm Bopha. Cette décision est intervenue une semaine après que le Premier ministre du Cambodge eut déclaré dans la presse qu’il considérait que Yorm Bopha était coupable.

Un ultime appel avait été déposé auprès de la Cour Suprême, après 15 minutes de délibération, les juges de la Cour suprême ont décidé aujourd’hui de libérer Yorm Bopha sous caution.

Le combat des riverains du lac Boeung Kak

Des milliers de personnes sont expulsées de force dans les environs du lac Boeung Kak depuis 2007, époque à laquelle le terrain a été donné à bail à une entreprise à des fins de réhabilitation. Les autorités ont harcelé et menacé les habitants pour les pousser à accepter une indemnisation inadéquate ou un nouveau logement éloigné des sources de travail et ne disposant d’aucun service essentiel et d’aucune infrastructure.

En août 2011, le Premier ministre a alloué 12,44 hectares aux quelque 900 familles restantes pour qu’elles y construisent leurs maisons. La municipalité de Phnom Penh a exclu environ 64 familles, affirmant que leurs logements ne se situaient pas dans la zone établie. Plus de 600 familles ont reçu des titres de propriété sans pour autant savoir où se situeront leurs habitations car les terrains n’avaient pas été délimités.

En mai 2012, 13 manifestantes ont été condamnées à des peines allant jusqu’à deux ans et demi d’emprisonnement, après avoir été arrêtées lors d’un rassemblement pacifique. Elles ont été libérées en juin 2012 suite à la suspension de leurs condamnations en appel. Yorm Bopha avait été particulièrement active dans l’organisation de manifestations de soutien en leur faveur.

Les résidents du quartier de Boeung Kak, mais aussi d’autres quartier de Phnom Penh, continuent à ce jour de protester pacifiquement, souvent ensemble, bien qu’ils soient constamment surveillés et fassent l’objet de harcèlement, de manœuvres d’intimidation et d’actions juridiques.

Tout au long des deux dernières années, les autorités ont pris des mesures pour restreindre davantage la liberté d’expression et empêcher les manifestations pacifiques, y compris en ayant recours à une force excessive à l’encontre des participants.

Source: Amnesty International
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