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Le pouvoir perd pied en Malaisie

Près de six mois après des élections législatives qui ont permis au parti à la tête de la Malaisie depuis l’indépendance, en 1957, de se maintenir, les problèmes s’approfondissent. Les critères ethniques sur lesquels le pouvoir a longtemps joué, divisant le pays entre Malais, Chinois, Indiens…, ne sont plus aussi prégnants. Quelle que soit leur origine, nombre d’habitants réclament des changements démocratiques.

« Le dilemme, pour les Chinois, est de s’emparer du pouvoir politique, alors qu’ils ont déjà le pouvoir économique, ou bien d’adhérer au principe du partage, qui a fait de ce pays ce qu’il est aujourd’hui. » Publiée fin juillet, la tribune de M. Mahathir Mohamad. premier ministre de la Malaisie entre 1981 et 2003, est typique des lieux communs partagés de longue date par les dirigeants de ce pays d’Asie du Sud-Est où les Chinois représentent un quart de la population, selon les statistiques ethniques en vigueur.

Mentionnant le contrat social implicite de l’indépendance (aux Malais le pouvoir politique, aux Chinois l’économie), l’ancien homme fort de l’Organisation nationale des Malais unis (United Malays National Organisation, UMNO) maintient cette vision de la société polarisée, consacrée par les émeutes sanglantes de 1969, dont les conséquences marquent toujours le pays. Cette année-là, des manifestations de joie des Chinois célébrant les bons résultats électoraux d’un parti d’opposition avaient dégénéré en deux mois d’affrontements avec les Malais, faisant officiellement cent quatre-vingt-seize morts.

Le gouvernement avait alors justifié les violences par le ressentiment des Malais envers les Chinois, accusés d’accaparer les richesses du pays. En fait, la concorde des bourgeoisies — malaise, chinoise et indienne — au pouvoir n’avait pas pris la mesure de la très grande pauvreté de la société, l’une des plus inégalitaires d’Asie, alors même que la guerre contre la guérilla communiste rendait suspecte toute revendication sociale. La réponse gouvernementale fut la mise en œuvre de la nouvelle politique économique (NPE), qui a inscrit dans la loi la distinction entre les Bumiputras (les « fils du sol », c’est-à-dire les Malais et les peuples autochtones) et les autres. Les premiers ont bénéficié en priorité de la redistribution des richesses.

La théorie du pauvre Malais et du riche Chinois n’était qu’une construction politique.

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