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Le sectarisme anti-chiite se propage à la Malaisie

23/09/2013 by AlterAsia in Gouvernance, Politique

Le sectarisme acerbe qui touche le Moyen-Orient est en train de se propager à certaines parties de l’Asie du Sud-Est. En Malaisie, le mufti Datuk wan Zahidi Wan Teh, un islamiste radical, a ainsi appelé à rompre tous les liens avec l’Iran « chiite ».

« Le chiisme doit être considéré comme un « poison » qui peut détruire l’harmonie et la sécurité du pays, à l’image de ce qui arrive dans d’autres pays comme l’Iran, l’Irak ou le Pakistan », a déclaré Wan Zahidi rapporte BBC Monitoring, citant un reportage de Berita Hariam, l’un des plus anciens journaux malaisien.

Ce reportage ajoute que Wan Zahidi avait déclaré que la Malaisie devait imiter le Maroc qui a rompu ses liens avec l’Iran, et de continuer : « les enseignements chiites doivent être bloqués, tout comme nous avions circonscrit la propagation du communisme il y a quelque temps ».

Cet islamiste radical aurait fait ces remarques au Centre Islamique de Kuala Lumpur où se tenait le week-end dernier un séminaire intitulé « Faire face au virus chiite ».

Wan Zahidi est connu pour ses commentaires et ses déclarations controversés. Plus tôt dans l’année, il avait déjà fait les gros titres lorsqu’il avait lancé une fatwa déclarant que la participation à un concours de beauté pour les femmes musulmanes était interdite (« haram »). Résultat, quatre musulmanes ont été forcées de laisser tomber le concours de « Miss Malaisie ».

Les commentaires de Wan Zahidi et la conférence anti-chiite semblent refléter une tendance grandissante de rejet du chiisme en Malaisie qui est composée à 60% de musulmans et environ 20% de bouddhistes.

Le mois dernier, un ministre du gouvernement fédéral avait déclaré auprès de journalistes que les chiites présents en Malaisie n’étaient pas autorisés à propager leur religion.

« Ce n’est pas interdit pour eux de pratiquer l’Islam chiite, comme ce n’est pas interdit pour les Malaisiens d’origine chinoise de pratiquer le bouddhisme », avait déclaré le ministre lors d’une conférence de presse. « Mais ils ne peuvent pas propager leur idéologie aux musulmans locaux qui sont sunnites ». Les médias malaisiens rapportent à ce titre que des personnes en possession de matériel religieux chiite avaient été arrêtées et devaient maintenant faire face à deux ans de prison accompagnés d’amendes.

Il y a toujours eut un certain degré de sectarisme dans la société malaisienne, néanmoins il semble s’accroître à cause de l’augmentation de l’immigration iranienne dans le pays et du sectarisme grandissant au Moyen-Orient.

Ces dernières années, un flux de ressortissants iraniens est arrivé dans les pays d’Asie du Sud-est. Selon une estimation de l’Institut du Moyen-Orient, plus de 100 000 Iraniens vivent dans la capitale malaisienne, Kuala Lumpur. L’institut a également noté que de nombreux sunnites malaisiens avaient décidé de se convertir volontairement au chiisme. Ce mouvement est assez critiqué par les autorités religieuses.

En effet, BBC Monitoring cite un participant à ce séminaire qui explique qu’il était « tombé dans le piège » du chiisme pendant six ans mais s’était finalement reconverti. L’individu explique que la révolution iranienne de 1979 l’avait largement influencé, et convaincu d’adopter la foi chiite.

Source (The Diplomat) : Anti-shia sectarianism spreads to Malaysia

Traduction: Renaud Voisin
Photo: Mosquée de Putrajaya (KL). UweBKK / Flickr

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