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Boycott de l’Assemblée par les parlementaires cambodgiens: interview de Sam Rainsy

Sam Rainsy, leader de l’opposition cambodgienne, explique à Libération pourquoi son parti refuse d’entériner le résultat des législatives de juillet et ne siège pas à la première session de l’Assemblée nationale.

Responsable de toute l’opposition cambodgienne, Sam Rainsy explique à Libération pourquoi le Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP) ne se rendra pas lundi à la première session de l’Assemblée nationale. Et refuse d’obéir au roi Norodom Sihamoni qui a appelé tous les députés à ne pas boycotter ces travaux au nom de «l’unité nationale». Le CNRP refuse d’entériner le résultat des législatives de juillet qui, selon les chiffres officiels, a vu la victoire du Parti du peuple cambodgien du Premier ministre Hun Sen (le PPC, au pouvoir depuis 1985) avec 68 sièges contre 55 à l’opposition sur 123.

Sam Rainsy fait état de nombreuses irrégularités, confirmées par des observateurs indépendants, et assure avoir emporté les élections avec 63 sièges. Depuis bientôt deux mois, le pays est divisé et le théâtre de nombreuses manifestations qui ont réuni jusqu’à 20 000 personnes ces derniers jours à Phnom Penh.

Votre parti va-t-il siéger lundi lors de la première réunion de la nouvelle assemblée issue des législatives du 28 juillet?
Sam Rainsy, à Phnom Penh. Non. On va boycotter car nous ne sommes pas d’accord avec le résultat des élections tels qu’ils sont proclamés par la Commission électorale qui est sous le contrôle du parti au pouvoir. Nous n’allons certainement pas siéger dans une Assemblée nationale croupion. Le Parti du peuple cambodgien veut contrôler tous les leviers du pouvoir, ce n’est pas la peine d’avoir des élections, de se réunir à l’Assemblée si c’est la même dictature qu’avant. Nous demandons la formation d’une commission d’enquête pour établir la vérité sur les irrégularités et parvenir à des résultats qui reflètent réellement la volonté populaire. Or, le PPC et monsieur Hun Sen (le Premier ministre, ndlr) refusent toute enquête et la Commission électorale reste complètement fermée à toute question. Nous ne pouvons rien vérifier et contrôler. C’est totalement inacceptable.
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Photo: Prachatai / Flickr

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