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Altantuya: affaire close en Malaisie ?

26/08/2013 by AlterAsia in Corruption, Politique

 

Le volet concernant le meurtre d’une jeune femme soupçonnée d’avoir été impliquée dans une vente de sous-marins francais à la Malaisie qui aurait « mal tourné », s’oriente-t-il vers une clôture prématurée ? Le 23 août, les deux policiers accusés du meurtre d’Altantuya ont été acquittés. L’un des deux hommes avait pourtant avoué son acte, sans évoquer de commanditaire. C’est cette déclaration, qui date de novembre 2006, qu’AlterAsia met en ligne aujourd’hui. Le juge l’avait jugée irrecevable au début de la procédure contre les deux policiers.

Avec cette libération, le premier ministre malaisien, Najib Razak, soupçonné d’être impliqué dans ce meurtre, semble définitivement se sortir d’une affaire dont le volet « corruption » est jugé en France, dans le cadre d’une vente de deux sous-marins Scorpène français à la Malaisie.

Les deux témoins clés, Azilah Hadri et Sirul Azhar Umar, avaient été condamnés à mort en 2009. Surtout, l’avocat d’Azilah a déclaré qu’il n’y avait pas de preuve pour lier son client au C4. L’usage de cet explosif militaire mettait en cause la responsabilité du ministre de la Défense – devenu Premier ministre – puisque, selon la famille de la victime qui avait porté plainte contre le gouvernement malaisien, son utilisation nécessiterait notamment une autorisation du ministère de la Défense. Pourtant, dans la déposition de Sirul faite devant les policiers en 2006, que nous publions aujourd’hui, l’utilisation du C4 avait été reconnue, précisant même que l’explosif avait été stocké à domicile.

D’après l’un des trois juges à avoir voté la relaxe, les policiers n’auraient même jamais dû être accusés faute de preuves.

Et ce n’est pas la justice française qui va prendre le relais de la justice malaisienne. Non seulement, la plainte en France ne vise que le volet « corruption » de l’affaire, mais le seul témoin entendu par les enquêteurs de la PJ française à impliquer la jeune femme assassinée dans la vente de sous-marins français, est décédé en juin dernier d’une crise cardiaque. Il venait de retourner en Malaisie, après s’est réfugié en Inde pendant des années. Le dossier semble « bouclé » et mettre définitivement hors de cause le premier ministre. Selon Zaid Ibrahim, ministre de la justice d’un précédent gouvernement, un nouveau procès n’est plus possible en Malaisie.

Céline Boileau et Arnaud Dubus

Illustration: Zunar

Le témoignage de Sirul Azhar Umar. Version originale (malaise)

Le témoignage de Sirul Azhar Umar. Traduction anglaise

Le témoignage de Sirul Azhar Umar. Traduction française.

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