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Société civile

Singapour: utiliser les réseaux sociaux pour lutter contre la pollution

La rédaction du TOC:
Ce matin à 10h, TOC a lancé un appel sur sa page FB pour donner le maximum d’informations sur les hôpitaux et maisons de retraite qui n’avaient pas assez de purificateurs d’air.

En moins de 15 minutes, nous avions notre premier appel au secours. Un employé de l’hôpital de la Communauté de Saint-Luc à Bukit Batok(1) nous écrit un message indiquant qu’il n’y avait pas de purificateurs. Nous avons donc appelé pour en savoir plus sur la situation. Saint-Luc a 8 salles avec 18 à 20 lits dans chaque salle.

A 10h ce matin, moins d’une poignée de salles avaient des purificateurs d’air, et au moins 3 d’entre elles n’avaient pas l’air conditionné. On nous dit qu’au moins 10 à 12 purificateurs seraient nécessaires.

A 10h30, après avoir établi les faits, nous avons lancé un appel au secours sur notre page FB. Certains de nos lecteurs se sont mis à consulter la liste de l’ANE(2) des purificateurs d’air et ont commencé à appeler les distributeurs. Un de nos lecteurs nous a suggéré d’essayer d’impliquer l’OSIM(3).
A 11h30, nous touchons le fond. Aucune des compagnies purifiant l’air n’a de stock. Le PSI(4) atteint 400.

Heureusement, à 12h30, la situation de Saint-Luc dépasse la sphère d’internet. Nous apprenons que la radio d’information 93,8 souhaite couvrir le sujet et à 13h nous recevons un appel des employés de l’hôpital: le député de Butik Batok, David Ong, a entendu parler de la situation et vient à l’hôpital à 13h30.

A 14h, M. Ong annonçait une livraison de 10 purificateurs d’air et de 12 climatiseurs pour Saint-Luc.
Moins de 4 heures après, l’histoire – mise sur le devant de la scène grâce aux réseaux sociaux et qui a commencé par un appel au secours sur le net – a eu des répercutions : des résultats concrets ont vu le jour.

Les actions à prendre via les réseaux sociaux

TOC a reçu de nombreux retours sur deux questions importantes et pour lesquelles les Singapouriens se sentent extrêmement concernés: la première concerne la disponibilité et le prix des masques faciaux N95 et des purificateurs d’air.

Le TOC a élaboré un formulaire Google, consultable ici, que vous pourrez facilement mettre à jour. L’objectif est créer une sorte de base de données que nous essayerons de poster régulièrement afin de fournir au public un maximum d’informations sur les lieux où se procurer des produits contre la brume.

C’est également une opportunité pour les co-citoyens de nommer et de discréditer les entreprises, qui de façon flagrante, profitent de la pénurie des masques. Si vous voyez des masques vendus à des prix exorbitants, s’il-vous-plaît passez à l’étape suivante: prenez une photo du prix ainsi que du magasin et envoyez-nous la.

La deuxième action concrète que nous pouvons prendre via les réseaux sociaux est de continuer à demander au Gouvernement et aux entreprises du bâtiment de suspendre le travail en plein air pour ses employés.
Nous avons crées un formulaire Google que vous pouvez mettre à jour si vous observer des entreprises du bâtiment faire travailler leurs employés de manière irresponsable dans des conditions dangereuses.
TOC est également en train de travailler avec les membres de #FreeMyInternet pour essayer d’établir une carte graphique visuelle des données que nous recueillons.

Pourquoi nous nous investissons?

The Online Citizen estime que les Singapouriens lambdas ont besoin de prendre le contrôle de la situation. Alors que des récriminations peuvent être faites au Gouvernement au moment opportun, ce dont nous avons besoin immédiatement c’est d’une communauté de soutien et d’action.

Nous nous sommes engagés à travailler avec n’importe quelle organisation affiliée politiquement afin de vous assurer une prestation de base, c’est-à-dire une information sans lacunes.

TOC a été fondé il y a 6 ans et si nous avons survécu tout ce temps, c’est grâce au support et au lectorat des Singapouriens ordinaires qui croient en l’importance des médias communautaires.

Nous sommes profondément reconnaissants envers chaque Singapourien pour son soutien et nous vous promettons de faire de notre mieux pour soutenir la communauté de n’importe quelle manière nous pouvons. Merci d’être restés derrière lorsque nous en avions besoin, nous sommes avec vous maintenant.

1. Ville nouvelle située dans l’ouest de Singapour.
2. ANE : Agence Nationale de l’Environnement.
3. Entreprise spécialisée dans les produits de bien-être et de santé.
4. PSI : Pollutant Standards Index. Il s’agit de l’indice de pollution et de la qualité de l’air. Son échelle est la suivante :
– de 0 à 50 (BON) : l’air est sain, aucune pollution.
– de 51 à 100 (MODERE) : la pollution est de faible importance, sans conséquence pour la population.
– de 101 à 150 (MOYEN) : la pollution est de moyenne importance et touche les personnes à risque (enfants, personnes âgées, femmes enceintes et les personnes ayant des problèmes de santé)
– de 151 à 200 (MAUVAIS): la pollution est importante : tout le monde est touché et cela peut avoir de graves conséquences sur les personnes à risque
– de 201 à 300 (TRES MAUVAIS) : le taux de pollution est très important, toute la population est affectée. Des avertissements sanitaires sont diffusés.
– de 301 à plus (DANGEREUX) : l’alerte sanitaire est déclenchée (situation d’urgence), tout le monde est touché. Des effets graves sur la santé sont répertoriés.

Traduction: Aliénor Simon
Source (The Online Citizen): TOC editorial using social media to take concrete steps to combat haze
Photo: Alex.Ch- Flickr

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