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Malaisie: un salaire minimum pour tous?

Rani Rasiah, membre du Parti socialiste malaisien, condamne l’action du gouvernement à l’encontre de travailleurs du Népal qui ont protesté contre non application de la loi sur le salaire minimum aux travailleurs migrants.

Nous condamnons la réaction du gouvernement à l’encontre des travailleurs migrants du Népal qui demandaient l’implantation d’un salaire minimum dans les usines de meubles à Johor et dans une entreprise de textile à Negri Sembilan.

Plus de 5000 travailleurs migrants en provenance du Népal exigent que le salaire minimum de 900RM (environ 225 euros) soit instauré comme promis par le gouvernement malaisien et versé à toute la main d’oeuvre malaisienne. Tous les employeurs – à l’exception des 635 entreprises qui en ont fait la demande et auxquelles un sursis de 6 mois a été accordé – sont obligés d’instaurer la loi du salaire minimum à partir de janvier 2013. De ce fait, pourquoi condamner la manifestation des travailleurs?

Au lieu de sanctionner les employeurs, le gouvernement s’est joint à eux. Les travailleurs migrants ont été arrêtés et brutalisés. Le 17 mars, plus de 100 travailleurs ont été arrêtés, soi-disant pour éviter une émeute. C’est une honte que la police, au lieu de jouer son rôle et de préserver l’ordre et la discipline, réagisse à l’encontre des travailleurs, dans le but de les empêcher de protester contre l’exploitation dont ils sont victimes. A Nilai, la police s’est rendue dans un foyer avec les employeurs pour demander aux travailleurs de retourner à leur poste. Un rapport sur cet incident, ainsi qu’une lettre au Ministre concerné ont été rédigés par le Parti socialiste malaisien.

C’est choquant de voir que l’on a adopté des mesures telles que le déploiement de la brigade anti-émeute, le blocage des routes et des avis de rassemblement illégal pour lutter contre ce rassemblement­, comme s’il s’agissait de dangereux criminels. Pas une seule fois on a fait mention de la seule solution pour mettre fin au conflit, c’est-à-dire l’application du salaire minimum prévu par la loi par les entreprises qui emploient ces travailleurs!

L’industrie du meuble que l’on dit très dépendante des travailleurs migrants, contribue à l’économie à hauteur de 7 milliards de RM (1,75 milliard d’euros). Recron Malaysia, le fabriquant de textile et de polyester de Negri Sembilan verse entre 240 et 400 RM (60 et 100 euros) à ses travailleurs et il est lié à Ambani, l’homme le plus riche d’Inde. En acceptant davantage de travailleurs migrants pour l’industrie du meuble, le ministre malaisien du Commerce International et de l’Industrie a remarqué qu’une pénurie de travailleurs mènerait les entreprises vers la faillite, affectant ainsi l’industrie et l’économie. Comment expliquer le refus du salaire minimum à ces travailleurs manifestement « indispensables », si ce n’est par le désir de profits plus importants ?

Nous demandons au ministère des Ressources Humaines de prendre la défense de tous les travailleurs migrants, victimes du refus d’instaurer le salaire minimum de 900RM (225 euros). Le ministère devrait agir contre les employeurs qui ont enfreint la loi du salaire minimum.
Stop à l’exploitation! Instaurez le salaire minimum maintenant!

Traduction: Caroline Robert (Tradadev)
Source (Aliran): Stop exploitation: Implement minimum wage now!

Aussi: Malaisie: Salaire minimum pour tous

Malaisie, un salaire minimum légal à deux vitesses…

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