AlterAsia

Tourisme

Songkran: faire plouf dans le nouvel an thaï

27/04/2013 by AlterAsia in Tendances, Tourisme

La plupart de gens considèrent le 1er janvier comme le « vrai » nouvel an. Les Chinois ont dissipé cette idée fausse en février avec le début de l’année du Serpent. Les Musulmans, d’autre part, ont doucement avancé leur dernier nouvel an en Novembre dernier (en suivant le calendrier lunaire). Maintenant c’est au tour de l’Asie du Sud-est.

Ce week-end des millions de personnes en Thaïlande, au Cambodge, au Laos et en Birmanie célèbrent durant 3 jours le nouvel an de Songkran, au cours duquel le Soleil transite en Mars. Ce qu’il manque à Songkran de manifestations explosives et de feux d’artifice, il le compense en jeux d’eau très populaires. Et alors que l’eau coule à flot dans tous les coins d’Asie, la Thaïlande sera le plus mouillé d’entre tous.

Dans la capitale thaïe, ce qui était à l’origine une fête religieuse au cours de laquelle les gens venaient aux temples laver les moines a évolué « aujourd’hui il s’agit plutôt d’une bataille d’eau géante dans une ville alimentée en whisky », nous raconte Joe Zeiler, un professeur universitaire de Bangkok et un habitué de Songkran.

En plus de se mouiller, les gens se savonnent également de poudre de talc mélangée à de l’eau. « Ce qui est censé représenter les pêchés de l’année passée, qui sont ensuite nettoyés par l’eau », explique Zeiler.

Au cours des semaines précédent Songkran, les boutiques ont pour obligation d’être approvisionnées en « blouses de Songkran » (de simples chemises imprimées de fleurs hawaïennes) et de pistolets à eau de toutes formes et tailles : à double canon, à multiple réservoirs d’eau ; certains viennent même avec des sacs à dos rempli d’eau afin de réduire le temps de recharge.

Prêts et armés, les gens s’assoient sur la pelouse dans des chaises de jardin le long des routes ou alors grimpent à l’arrière de pick-up pour asperger toute personne en vue avec des torrents d’eau. Certains sont véritablement impitoyables, en remplissant leurs armes d’eau glacée (provenant de glace fondue dans des seaux), assurant ainsi aux gens d’être non seulement mouillés, mais aussi frigorifiés.

« Les Thaïs éprouvent un grand plaisir à arroser les étrangers, alors si vous êtes blancs, vous êtes une cible mouvante » ajoute Zeiler. « Préparez-vous à être saucés. » 

Au delà des festivités, une riche histoire se cache derrière cette fanfaronnade. Si la Thaïlande est le quartier général de la fête de Songkran, le Cambodge, la Birmanie et le Laos sont les bastions de la tradition. Songkran tombe sensiblement à des jours différents dans chacun de ces pays, mais dure largement trois jours entre le 12 et le 16 avril. En Thaïlande, cela commence le 13 avril ; au Cambodge le 12 avril. Le mot lui-même est dérivé du sanskrit Maha Sankranti, indiquant les racines indiennes de cette fête. En réalité, Songkran est le premier jour du calendrier solaire traditionnel hindou.

Le premier jour de Songkran au Cambodge, par exemple, les gens allument des chandelles, brûlent de l’encens, et rendent hommage à Bouddha en saluant, s’agenouillant et se prosternant devant son image à trois reprises. Ils jouent, mangent des plats traditionnels et utilisent l’eau bénite pour laver leur visage le matin, la poitrine l’après-midi et les pieds le soir – une version édulcorée de ce qui se passe en Thaïlande. Des festivités similaires, avec des batailles d’eau, ont lieu en Birmanie (où la fête est appelée Thingyan) et au Laos. Alors que certains vivent pour le côté exubérant de la fête, d’autres préfèrent l’approche plus traditionnelle.

« Je reste chez moi et profite de ma famille », raconte un homme de Bangkok, qui préfère l’approche laotienne. « Au Laos, les gens célèbrent Songkran d’une meilleure manière qu’en Thaïlande, en se concentrant sur la signification traditionnelle, qui est de fêter la Nouvelle Année et rendre hommage aux ancêtres. L’eau utilisée durant la cérémonie sera mélangée avec des fleurs et des parfums traditionnels ».

En réponse aux événements de l’année dernière, particulièrement sauvages, Bangkok tente de limiter les festivités cette année. L’an dernier, 320 personnes sont mortes dans des accidents de circulation, selon le ministre de l’Intérieur, le lieutenant général Chatt Kuldiloke. En 2011, 271 personnes ont été tuées tandis que 3476 ont été blessées.

Un autre risque est possible lors de Songkran, c’est de tomber malade à cause de l’eau. Zeiler connaît bien ces dangers : « il est possible d’avoir de l’eau dans les oreilles, les yeux et la bouche, et beaucoup de cette eau provient des eaux usées et polluées », raconte-t-il. « J’ai eu une grave infection bactérienne aux oreilles à la suite de mes sorties à Chiang Mai et mes amis ont attrapé une dysenterie bactérienne. C’est une bonne idée de porter des bouchons d’oreilles et certaines personnes portent de lunettes de plongée. »

Même s’il a contracté des infections, Zeiler garde des bons souvenirs de Chiang Mai, largement considéré comme la plus délirante des célébrations de Songkran en Thaïlande, si ce n’est de la région : « c’était la fête la plus folle que je n’ai jamais vu. Extraordinaire ! »

Source (The Diplomat): Songkran making a splash on Thaï New Year
Traduction: Aliénor Simon

Print Friendly

Tagged , , , ,

Voir aussi

Copyrights
Rejoignez-nous!
Je soutiens AlterAsia !

Ce n'est que grâce à vos dons qu'AlterAsia peut proposer une information alternative de qualité et gratuite. Soutenez-nous !

Vous pouvez choisir d'utiliser une carte bancaire si vous n'avez pas de compte Paypal en cliquant sur "Continuer" en bas à gauche de la page Paypal.