AlterAsia

Culture

Tan Twan Eng remporte le Man Asian Literary Prize

Hier soir à Hong Kong, le Malaisien Tan Twan Eng, ancien avocat devenu écrivain, a remporté le prix littéraire asiatique le plus prestigieux, le Man Asian Literary Prize, pour son roman The Garden of Evening Mists. Tan est le premier Malaisien à remporter ce prix, créé en 2007, et son livre est le deuxième gagnant rédigé initialement en anglais.

La compétition pour ce prix de 30 000 dollars est féroce. Les nominés représentent également l’impressionnante diversité du continent, réunissant des écrivains japonais (Hiromi Kawakami, Les Années Douces), indien (Jeet Thayil, Narcopolis, qui a remporté le Prix DSC d’Asie du Sud), pakistanais Musharraf Ali Farooqi, Between Clay and Dust) ou turc (le gagnant du Prix Nobel Orhan Pamuk, La Maison du Silence). A souligner: Tan Twan Eng, ainsi que l’indien Tahyil avaient déjà été nominés pour le Man Group Booker Prize 2012.

Les juges ont eu du fil à retordre. Il s’agissait du Dr. Maya Jaggi qui a présidé le jury (consultez son essai sur la littérature asiatique ici), l’auteure viétnamo-américaine Monique Truong et l’écrivain indo-américain Vikram Chandra, (gagnant du Prix Commonwealth Writers pour son roman Red Earth and Pouring Rain).

« J’ai de l’expérience en tant que juré de prix littéraires, a déclaré Jaggi. Cette année, notre devoir en tant que jury a été incroyablement difficile, mais aussi gratifiant du fait de la qualité et l’originalité des romans asiatiques en compétition. »

Dans The Garden of Evening Mists, Tan raconte l’histoire d’une femme, ancienne prisonnière d’un camp d’internement japonais, qui décide de créer un jardin japonais comme mémorial dédié à sa soeur, morte lors de l’internement. Néanmoins, il ne s’agit pas de n’importe quel jardin japonais. La femme apprend l’art du jardinage grâce à celui qui s’occupait jadis des arbrisseaux de l’empereur japonais. Cet ancien jardinier impérial est ensuite parti vivre dans les Cameron Highlands en Malaisie. A eux deux, ils vont cultiver une relation improbable, en dépit de l’Histoire.

Dans une interview pour le Wall Street Journal, Tan a expliqué que ses propres expériences internationales (il est né en Malaisie, a étudié au Royaume-Uni et erre actuellement entre l’Asie et l’Afrique du Sud), ont joué un rôle majeur dans l’élaboration de son roman. „J’ai réalisé que pour être écrivain et toucher un public universel, il fallait savoir regarder au-delà des frontières“, a-t-il déclaré.

Parmi les anciens gagnants du Man Asian Prize, on retrouve l’auteur sud-coréen Kyung-sook Shin, dont le livre Prends Soin de Maman s’est vendu a plus de deux millions d’exemplaires dans le monde l’an dernier. Avant lui, un auteur philippin inconnu, Miguel Syjuco, avait remporté le prix pour son roman Illustrad. Les autres gagnants viennent tous de Chine: Bei Feiyu (Trois Soeurs), Su Tong (Un Bateau pour une Rédemption) et Jiang Rong (Le Totem du Loup).

Le Groupe Man a annoncé en octobre dernier qu’il renconçait à sponsoriser le prix cette année à cause d’un manque de financement. La recherche pour un nouveau sponsor se poursuit, cette récompense constituant une véritable aubaine pour la littérature asiatique depuis six ans.

La plupart des lecteurs grand public connaissent déjà les stars de la littérature asiatique comme Haruki Murakami, Salman Rushdie (qui a remporté le Prix Booker avant que Man reprenne la récompense pour Les Enfants de Minuit) et le gagnant du prix Nobel 2012, Mo Yan. Mais pour ceux qui aimeraient approfondir leurs connaissances, le Man Asian Prize a mis de nombreux talents sur le devant de la scène.

Le professeur David Parker, directeur exécutif du groupe organisateur de la récompense, a déclaré dans The Guardian en octobre dernier: « Après le succès fulgurant de Prends Soin de Maman, le gouvernement coréen a décidé de financer davantage les traductions anglaises de la littérature coréenne. Il s’agit là de l’un de nos accomplissements et je pense que c’est quelque chose d’important. »

De plus, cette reconnaissance grandissante ne se limite pas au monde extérieur à l’Asie, cela a également suscité l’intérêt des lecteurs au sein-même de la région. « Nous n’apportons pas seulement une nouvelle littérature, ou une littérature préalablement inconnue, au monde, mais également à l’Asie elle-même. Il s’agit d’une affaire délicate, mais significative car l’Asie – grâce à cette récompense – s’intéresse davantage à l’Asie elle-même. Nous en sommes très heureux », conclut David Parker.

Jonathan DeHart, traduit par Caroline Robert

Source (The Diplomat): Tan Twan Eng Wins Man Asian Literary Prize

Crédits Photo: Flickr (nomilknocry)

Print Friendly

Tagged , ,

Voir aussi

Copyrights
Rejoignez-nous!
Je soutiens AlterAsia !

Ce n'est que grâce à vos dons qu'AlterAsia peut proposer une information alternative de qualité et gratuite. Soutenez-nous !

Vous pouvez choisir d'utiliser une carte bancaire si vous n'avez pas de compte Paypal en cliquant sur "Continuer" en bas à gauche de la page Paypal.