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Singapour: pour un retour des pourboires dans la restauration

A l’occasion de l’adoption du Livre Blanc sur la population, l’Association des Restaurants de Singapour invite le gouvernement à inverser la courbe de travailleurs étrangers dans le secteur.

L’Association des Restaurants de Singapour (RAS) invite le gouvernement à revoir l’entrée des travailleurs étrangers, faute de quoi Singapour pourrait également perdre sa réputation de « ville mondiale », grâce à un secteur de la restauration dynamique. L’association répondait ainsi à la publication du Livre Blanc de la Population, récemment adopté au Parlement (le document redessine les orientations démographiques du pays pour les prochaines années, ndlr).

Ce qui m’a interpellé a été l’affirmation que « le secteur fait face à une situation difficile car beaucoup d’habitants de Singapour ont tendance à éviter les emplois dans la restauration et de fait, l’industrie n’a pas d’autre choix que d’embaucher des travailleurs immigrés. »

Une main d’oeuvre pas chère venue de l’étranger serait-elle une nouvelle fois la solution ?
N’y a-t-il vraiment pas d’autres alternatives que l’on pourrait prendre en compte ? Si tel est le cas, laissez-moi faire quelques suggestions qui pourraient inciter les Singapouriens à travailler dans la restauration: proposer un salaire minimum, augmenter les salaires et proposer des politiques de ressources humaines plus innovantes sont quelques idées logiques. Néanmoins, je voudrais surtout suggérer à notre gouvernement de supprimer la Taxe sur le Service de 10% et de la remplacer par les pourboires. Beaucoup ne le savent pas, mais les 10% de service inclus dans l’addition, obligatoires, n’atterrissent pas dans la poche des serveurs de Singapour. Ils reviennent à la société propriétaire de l’entreprise de restauration. Personne ne sait ce qu’advient de cet argent.

Aux États-Unis, un serveur gagne une belle somme en pourboires, en plus de son salaire. Les pourboires motivent le personnel à être plus productif. Ils contribuent aussi à améliorer le service, ce dont Singapour devrait sérieusement se préoccuper.

Dans de nombreux pays européens, comme en Espagne, j’ai été impressionné par les efforts que fournissent les serveurs. Si nous comparons leur productivité à la nôtre, notre pays devrait avoir honte. Beaucoup de restaurants et de cafés en Europe ont une équipe qui fait plusieurs tâches et travaille de façon efficace. Dans un café à Barcelone, j’ai observé comment une femme, à elle toute seule, prenait les commandes, faisait le café et préparait le petit-déjeuner. Elle était la seule serveuse au service de tous les clients de ce café. Son travail était récompensé par des pourboires conséquents.

Les Singapouriens n’ont pas la culture du pourboire? Si. Ils l’avaient jusqu’à l’apparition de la Taxe sur le Service. Changer les mentalités prendra du temps, mais si nous n’essayons pas de trouver des alternatives afin de rendre ce travail plus attrayant, le secteur de la restauration aura toujours une mentalité d’assisté. Il est trop facile de « menacer » notre gouvernement de diminution de l’activité économique et de demander une main d’oeuvre étrangère bon marché de répondre à la pénibilité de certains emplois.

Traduction: Caroline Robert (Tradadev)
Source (The Online Citizen): Bring Tipping draw Singaporeans work F&B

Photo: Bunn/Flickr/CC

Télécharger le Livre Blanc sur la Population

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