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Singapour: les droits de l’homme a minima

Human Rights Watch, l’organisation indépendante pour la défense des droits de l’homme critique les restrictions toujours en vigueur à Singapour en dépit de quelques signes d’amélioration.

Source (en): The Online Citizen

Selon le Rapport Mondial 2013 publié le 31 janvier de Human Rights Watch: « En 2012, le gouvernement de Singapour restreignait toujours de façon drastique la liberté d’expression, de réunion et d’association ».

Le rapport note cependant « de petits signes de progrès » dans certains domaines comme « les changements dans les lois sur la peine de mort et des améliorations limitées dans le domaine de la protection des travailleurs étrangers et de la lutte contre le trafic de personnes ».
Dans un communiqué de presse sur Human Rights Watch, le directeur adjoint Asie de l’Observatoire Phil Robertson déclare : « Le statut de puissance économique mondiale de Singapour n’a pas empêché le pays de se distinguer pour ses faibles performances dans le respect des lois, des droits civiques et politiques. Les Singapouriens doivent se demander quand leur gouvernement leur fera suffisamment confiance pour leur permettre de jouir des mêmes droits fondamentaux que les autres peuples du monde ».

Le rapport critique également le peu d’efforts faits par Singapour pour s’assurer de la « collaboration significative de l’ASEAN avec les organisations de la société civile, en particulier lors de l’élaboration de la Déclaration des Droits de l’Homme de l’ASEAN » promulguée en novembre 2012.
D’après le rapport, si la constitution de Singapour garantit la liberté d’expression, de réunion et d’association, des restrictions y sont apportées pour des raisons de sécurité, d’ordre public, de moralité et d’harmonie raciale et religieuse.

Ces restrictions s’appliquent aux médias, aux rassemblements en plein air de plus de 5 personnes qui nécessitent une autorisation de la police, aux associations de plus de 10 membres qui doivent être approuvées par le Registre des Sociétés.

Plusieurs bloggers ont été menacés de poursuites pénales, rappelle également le rapport.
Ce dernier critique également Singapour sur le maintien de l’Internal Security Act (ISA) et des châtiments corporels. Cependant, il cite également des évolutions légales positives qui permettent de commuer, sous certaines conditions, la peine de mort dans les cas de meurtres et trafic de drogue en prison à perpétuité avec châtiments corporels.

Le rapport fait aussi remarquer que les actes sexuels entre adultes consentants de même sexe sont toujours punis par la loi.

Les droits des travailleurs immigrés se sont quelque peu améliorés mais sont toujours insuffisants. Un important déséquilibre existe, toujours à la faveur de l’employeur. Les employés de maison étrangers sont exclus de la Loi sur l’Emploi et des autres règles de protection du travail comme la durée maximale d’heures travaillées par jour.

Des problèmes tels que la durée des journées de travail, les mauvaises conditions de vie et l’enfermement forcé restent encore d’actualité. Les travailleurs étrangers souffrent de travail forcé en raison de dettes contractées auprès d’agences de recrutement, du non-paiement des salaires, des de restrictions de circulation, de confiscations de passeports et d’abus en tous genres.

Le rapport dit que « le gouvernement est toujours en deçà des standards minimums destinés à éradiquer le trafic de personnes », et même si la protection et la prévention se sont améliorées, les « efforts déployés pour les poursuites en justice sont faibles ».
« Singapour est l’un des 9 pays au monde qui n’a pas voté la convention 189 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) sur le Travail décent pour les travailleurs et travailleuses domestiques. Singapour n’a pas non plus ratifié le Protocole destiné à prévenir, supprimer et punir le trafic des personnes » ajoute le rapport.

D’après le rapport,  « les défenseurs des droits de l’homme à Singapour risquent des amendes, des peines d’emprisonnement et l’interdiction de se rendre à l’étranger sans l’accord préalable du gouvernement ».
Les reproches de M. Robertson envers Singapour sont cinglants: « La communauté internationale ne devrait pas se laisser berner par le discours de Singapour sur les droits de l’homme. Demandez à un avocat des droits de l’homme, un activiste de l’opposition ou un travailleur immigré ce qu’ils pensent de Singapour aujourd’hui, et c’est l’histoire cachée de la répression que vous entendrez au sujet de cette pimpante cité-état ».
En parallèle, Reporter Sans Frontière place Singapour en 149e position sur 179 dans son Classement Mondial de la liberté de la presse 2013, juste devant l’Iraq (150) et derrière la Malaisie (145).
Singapour occupait précédemment la 135e place.

Télécharger le rapport (665 pages)
Le chapitre sur Singapour
Communiqué de Human Rights Warch sur Singapour

Photo: M.Bhangui/flickr/cc

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