AlterAsia

Politique

2013: l’ASEAN en route vers les bureaux de vote

Les électeurs d’au moins quatre pays de l’ASEAN iront voter cette année, mais peu de changements sont à prévoir.

Les politiciens d’Asie du Sud-est se préparent à une année électorale chargée, mais qui ne débouchera sans doute pas sur des changements significatifs dans les forces au pouvoir. Cependant, les leaders des partis d’opposition qui ont passé des années dans la jungle politique préparent le terrain en cas d’éventuel changement.

Elections nationales en Malaisie et au Cambodge

Cela s’applique en particulier dans le cas de la Malaisie et du Cambodge, où les partis au pouvoir dominent la vie politique depuis des décennies. Appuyés par de puissantes armées politiques, ils appliquent avec soin les tactiques de persécutions et d’intimidation des manuels politiques, et l’électoralisme dans ces deux pays est vu comme une affaire à sens unique. Pourtant, la popularité des deux gouvernements précédents a souffert.

Au Cambodge, le Premier Ministre Hun Sen et son Parti du Peuple Cambodgien (CPP) doit faire face à un électorat fatigué par la corruption, une population en majorité rurale excédée par les allégations constantes de confiscation des terres par les grands groupes et le clientélisme politique.

Hun Sen a déclaré que la campagne officielle pour les élections du 28 Juillet commencerait un mois avant, mais en vérité son CPP est en ordre de bataille électorale depuis le milieu de l’année dernière, et il vient de demander que les insultes personnelles soient bannies pendant la campagne.

En Malaisie, le Premier Ministre Najib Razak essaie de faire bonne figure après le rassemblement de milliers de personne en faveur de l’opposition le weekend dernier. Des élections pourraient avoir lieu dès mars, même si certains analystes estiment qu’elles auront lieu plutôt autour du mois de juin.

Ni le CPP ni l’UMNO (United Malays National Organization) au pouvoir ne risquent réellement d’être battus. Mais les partis d’opposition ont toutes les raisons de s’attendre à augmenter leur nombre de sièges au parlement, et le taux de participation sera la clé de leur réussite.

De faibles taux de participation confirmeraient que les électeurs sont excédés par les combines politiciennes dans les deux pays, et ont le triste sentiment que leur vote ne sert à rien.

Elections locales et régionales aux Philippines et en Indonésie

Des élections locales et régionales sont aussi prévues aux Philippines et en Indonésie.
Aux Philippines, une interdiction de porter des armes à feu dans les zones résidentielles pendant 150 jours a été décrétée en prévision des élections du 13 mai qui doivent élire les gouvernements locaux et attribuer les sièges dans les deux chambres du Parlement national.

Les quelque 170 millions estimés d’électeurs en Indonésie se rendront également aux urnes cette année pour élire 15 gouverneurs. Il y aura également 100 autres scrutins pour des postes dans les gouvernements régionaux. Les questions locales feront toute la différence dans le choix des vainqueurs. Cependant, les résultats de l’élection auront des répercussions plus largement en Asie du Sud-est et dans tout le secteur Asie-Pacifique.

En raison de leurs populations en majorité musulmanes, les candidats en lice en Indonésie et Malaisie devront gérer la pression des électeurs pour trouver des solutions aux violences dont sont victimes les musulmans Rohingyas de Birmanie, qui ont poussé des milliers d’entre eux à aller chercher refuge en dehors de leur pays. De manière générale, Jakarta et Kuala Lumpur ont tendance à utiliser des actions coup de poings sur les plans diplomatiques et culturels en vue des élections.

Aux Philippines, les candidats aux élections vont probablement utiliser les contentieux territoriaux en mer de Chine du Sud – que Manille reconnait sous le nom de Mer des Philippines occidentale – pour prendre l’avantage politique dans le pays, en particulier si cela implique la Chine. Cette dispute a la capacité de prendre de l’ampleur et de toucher le Vietnam, la Malaisie, Brunei et Taiwan, qui ont tous des revendications sur des îles de la région.

A l’approche des élections au Cambodge, une petite guerre frontalière tout à fait opportune a éclaté entre le Cambodge et la Thailande après que Bangkok eut envoyé ses troupes de l’autre côté de la frontière pour occuper un temple vénéré à Preah Vihear. Cela faisait l’affaire de Hun Sen et l’a aidé à renforcer sa campagne. Une décision sur cette dispute doit être rendue par le Tribunal international dans les prochains mois, juste à temps pour les prochaines élections au Cambodge ; mais on ne peut pas encore dire si cette décision de justice tournera à l’avantage politique de Hun Sen ou non.

Le CPP – comme l’UMNO en Malaisie – est bien établi au pouvoir, et a peu de chance d’être battu lors des prochaines élections. Mais les gouvernements de Malaisie et du Cambodge pourraient bien devoir affronter les réactions négatives des électeurs, ce qui réduirait leur majorité au parlement et pourrait préparer le terrain d’une défaite dans le futur. En attendant, le risque d’échec de ces gouvernements qui doivent trouver leur chemin entre les réels problèmes locaux, le bon sens et leurs fortunes politiques nous garantit une année 2013 plus qu’animée.

Traduction: Louise de Nève
Source: ASEAN heads to the Ballot box in 2013

Photo: Afi Wicaksono/ASEAN

Print Friendly

Tagged , , , ,

Voir aussi

Copyrights
Rejoignez-nous!
Je soutiens AlterAsia !

Ce n'est que grâce à vos dons qu'AlterAsia peut proposer une information alternative de qualité et gratuite. Soutenez-nous !

Vous pouvez choisir d'utiliser une carte bancaire si vous n'avez pas de compte Paypal en cliquant sur "Continuer" en bas à gauche de la page Paypal.