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Sarawak (Malaisie): Effrayé d’être arrêté, le journaliste organise son propre kidnapping

08/06/2012 by Sarawak Report in Censure, Politique

Article original: Papa Orang Utan makes contact with RFS

Peter Jaban, journaliste de Radio Free Sarawak basé à Londres qui dénonce la corruption dans l’Etat malaisien de Sarawak (Malaisie), voulait retourner voir sa famille sur l’île de Bornéo. De peur d’être arrêté par la police, il a organisé son propre kidnapping.

DJ Peter John Jaban, journaliste de Radio Free Sarawak, a enfin pris contact avec ses collègues. Il a admis avoir organisé son propre kidnapping, parce qu’il craignait d’être maltraité s’il était interrogé par la police.

« Je peux venir à un poste de police avec mon avocat, à condition que les policiers ne soient pas violents » a-t-il déclaré, citant des exemples de brutalités policières contre des détracteurs du régime.

« J’ai peur de ce qu’ils vont faire en garde à vue, lorsque je serai entre leurs mains », a-t-il ajouté.

Se cacher

Mais pour l’instant, Peter a expliqué qu’il se sentait plus en sécurité caché et il a remercié tous ceux qui l’ont aidé et qui se sont inquiétés pour lui au cours des derniers jours.

Il a expliqué qu’il avait agi sous l’impulsion du moment, lorsque trois personnes qu’il connaissait l’ont repéré et ont fait signe à la voiture dans laquelle il se trouvait, alors qu’il quittait l’aéroport de Miri, au Sarawak, en compagnie de gens qui étaient venus pour l’aider en cas de tentative d’arrestation.

« Ce sont de bons Samaritains qui m’ont aidé à sortir. Je tiens également à remercier le Dr Teo et l’avocat Alan Ling, qui étaient également venus à m’aider. Je suis désolé de les avoir quittés si brusquement ».

Peter, qui a été décrit comme fatigué et tendu quand il est arrivé à Miri, a expliqué que ses actions avaient été causées par son niveau d’anxiété.

La police de Sabah et les services de l’immigration ont été « courtois »

Malgré ses préoccupations, Peter est sorti de sa route pour souligner à ses collègues que la Special Branch (les services secrets rattachés à la police royale malaisienne) de Sabah et les fonctionnaires de l’immigration, qui l’avaient interviewé à son départ de l’Etat de Sabah alors qu’il quittait l’aéroport de KK avaient été «courtois», mais lui avaient laissé l’impression qu’il serait s’arrêté de nouveau à son arrivée au Sarawak:

« A Sabah, le directeur de la Special Branch qui m’a interviewé a été très gentil avec moi et m’a laissé partir. L’agent d’immigration s’est aussi montré aimable. Je tiens à les remercier d’avoir été très gentils et polis. Ce n’est que pendant le vol que j’ai pris peur que l’on m’arrête de nouveau à mon arrivée à Miri « .

Peter explique qu’il y a un certain nombre de raisons pour lesquelles il estime que la Special Branch veuille lui parler, et que son passeport et carte d’identité soient inscrits sur la « liste noire » des personnes arrêtées aux contrôles des frontières.

Il a ajouté qu’en tant qu’ancien fonctionnaire du département des terres et de l’Enquête, il sait qu’il a rompu ses conditions d’emploi par la révélation d’informations, supposées rester secrètes. D’autre part, il dit qu’il l’a fait pour révéler la corruption.

Il craint aussi d’être accusé de «sédition», étant donné les plaintes déposées contre RFS par les partisans de BN (la coalition politique au pouvoir en Malaisie) et les nombreuses accusations et attaques des politiciens BN dans la presse.

Enfin, il sait qu’il a voyagé dans et autour de Sarawak en évitant les points de contrôle aux frontières. « Je ne sais pas si je peux être accusé d’avoir violé la loi sur l’immigration » précise-t-il.

Profil bas

Pierre a expliqué que, après une longue période loin des siens à Sarawak et à Sabah, il tenait désespérément à passer du temps avec eux à son retour au Sarawak, en dépit de ses craintes d’avoir irrité les pouvoirs en place. Il a pris un certain nombre de précautions pour pouvoir se mêler à ses amis et à sa famille, mais a continué à craindre d’être arrêté.

Il dit maintenant qu’il se cache et n’a pas statué sur ses prochaines actions. Il est conscient que la police est à sa recherche à la suite de sa disparition, mais il veut consulter ses avocats et amis avant d’entreprendre toute autre démarche:

«Je veux qu’ils me promettent que je peux me rendre à un poste de police sans que cela ne me nuise. J’ai besoin de rencontrer des avocats et d’être conseillé. Je suis prêt à y faire face, mais que l’on ne me blesse pas, que l’on ne me nuise pas », a-t-il répété.

Radio Free Sarawak poursuivra sa diffusion régulière tous les jours de 18h-20h, en Iban et en malais, sur SW15420kHz.

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