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Sarawak: mortelles mines de charbon

Article original: Dead men drag Taib’s coal mines into spotlight

Pendant vingt-huit ans, les plaintes contre les destructions humaines et environnementales générées par les mines de charbon du Sarawak n’ont pas été entendues. Ces mines appartiennent au clan d’un ministre d’Etat, Taib Mahmud.

KUCHING: La mort de quatre mineurs malaisiens chinois au Sarawak le mois dernier a fait la lumière sur le niveau de destruction de l’environnement, ainsi que sur les problèmes de sécurité auxquels font face les 38 maisons traditionnelles des Ibans à Abok et à Silantik dans la région de Pantu.

Ces 28 dernières années, les habitants de ces « longhouses » se sont plaints auprès des autorités de la pollution causée par les mines de charbon dans la région. Aucune mesure n’a été prise.
Selon eux, leurs terres ont été détruites, leurs sources d’eau potable polluées et leur sécurité personnelle mise en danger.

Ils ont porté plainte contre les mineurs, mais à l’exception d’une rapide visite du directeur de l’Organisation des Mines et des Ressources de l’Etat, ainsi que du secrétaire général du Ministère, rien n’a été fait. Selon Jacob Imang, porte-parole du village (Kampung) Abok: “Suite à nos plaintes, le directeur des Mines et le secrétaire général du Ministère ont visité les sites. Nous n’avons pas eu de retour de leur part après ça. Nos plaintes se sont simplement arrêtées là.

“En plus d’affecter nos terres et notre santé, les mines ont également provoqué la destruction de l’environnement et la pollution de fleuves telle que le Sungai Sanjau et leurs écosystèmes ».

D’après lui, la pollution est si importante que la Rivière Sanjau, dont ils dépendent, est “tout simplement morte ».

Ces villageois ignoraient le fait que les mines appartenaient à Zaleha, la fille du Ministre Taib Mahmud et à ses proches.

Luckyhill Mining est propriétaire de quelque 10 mines à Sarawak, qui emploient environ 200 malaisiens d’origine chinoise et moins de 10 locaux.

WTK et un coréen sont actionnaires majoritaires, ainsi que d’autres petits actionnaires commme Benedict Bujang Tembak, Zaleha Binti Mahmud (la fille de Taib), Halimah Abdullah (la femme de l’ancien commissaire de police Hamdan Sirat) et Abang Abdul Karim Openg (le frère du Ministre Emérite Abang Johari).

Des explosifs stockés sous terre

La détresse de Kampung Abok est revenue sur le devant de la scène après deux explosions qui ont eu lieu dans les mines le 30 mars, provoquant la mort de quatre malaisiens et en blessant neuf autres.

“A présent, nous sommes encore plus inquiets pour notre sécurité étant donné que les mines ont explosé sur mes terres”, a dit Imang, soulignant le fait que les fermiers n’ont pas le droit de labourer la terre près des mines.

On lui a dit que les explosifs étaient stockés dans les tunnels souterrains. L’explosion du mois dernier était le second incident. Le premier s’était produit en 1999 et une personne était décédée.

L’incident a été dissimulé par les autorités, mais les villageois savaient que la famille de la personne décédée a reçu 7000 RM (environ 1500 euros) à titre compensatoire.

Pour Imang, instituteur à la retraite, « Notre sécurité devrait être prioritaire à présent. Nous ne sommes pas en sécurité aujourd’hui, nous ne l’avons jamais été. »

“Nous appelons les autorités à suspendre l’exploitation des mines en attendant une enquête approfondie afin de découvrir la source du problème.

“De nouvelles mesures devraient être prises afin d’assurer notre sécurité, ainsi que celle des travailleurs chinois », a-t-il déclaré.

Suspendre l’exploitation des mines

Concernant la pollution de la rivière, d’après Imang il faudrait rincer le charbon à l’eau claire du Sungai Sanjau avant de le transporter vers Kuching (capitale du Sarawak).

“La boue, les déchets du charbon et le poison sont envoyés vers le Sungai Sanjau. L’eau s’écoule jusqu’à Pantu Bazaar où l’eau de la rivière est aspirée par l’usine de traitement des eaux de Pantu et est ensuite distribuée aux consommateurs à Pantu Bazaar, Lachau et aux maisons longues avoisinantes, dont Abok ».

“Je crois que 7000 à 8000 personnes consomment l’eau de cette rivière”, a-t-il précisé.

Imang a également dit que Luckyhill Mining n’avait pas versé de compensation pour leurs terres qui se trouvent à présent sous les mines.

“Ils ont promis de payer, mais leur promesse n’a pas été tenue à ce jour », a-t-il déclaré.
See Chee How, vice-président de PKR Sarawak, est d’accord sur le fait que les mines devraient être arrêtées le temps d’une enquête approfondie.

“Il s’agit de s’assurer que plus aucune vie ne sera perdue et pour réduire l’impact sur l’environnement ».

Joseph Tawie, traduit par Caroline Robert (Tradadev)

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