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Le sommet de l’ASEAN teste l’eau de la Mer de Chine

Article original: Testing the waters

PHNOM PENH — Le conflit territorial qui couve dans la mer de Chine méridionale a volé la vedette au sommet de l’ASEAN 2012. Accueillant le sommet pour la deuxième fois depuis son adhésion en 1999 à l’Association des nations de l’Asie du Sud-est (ASEAN), le Cambodge est revenu sur sa décision d’exclure le conflit de l’ordre du jour, qui avait été perçu comme un signe apparent à l’amélioration de ses relations avec Pékin.

Assurant actuellement la présidence tournante de l’ASEAN, le Cambodge est en mesure d’influencer la manière dont la région fait face aux conflits, comme celui de la mer de Chine méridionale, une zone dont les ressources sont disputées par un certain nombre de pays membres de l’ASEAN, ainsi que la Chine.

Le revirement du Royaume est d’autant plus surprenant que le premier ministre cambodgien Hun Sen avait accepté de minimiser le conflit sur la mer de Chine du Sud juste après avoir reçu le président chinois Hu Jintao. Les investissements chinois au Cambodge suscitent également des critiques vis-à-vis de ce dernier, soupçonné en conséquence d’obéir tacitement aux ordres de la Chine concernant d’autres questions diplomatiques.

Les dirigeants des dix pays de l’ASEAN se sont réunis à l’occasion de ce sommet de deux jours, débutant le 3 avril, afin de discuter de questions d’intérêt régional, tels que les marchés communs et les partenariats d’investissement.   

La Chine voit le Cambodge comme un rempart efficace contre les intérêts américains en Asie du Sud-Est et a assidument entretenu des relations privilégiées avec Phnom Penh à travers des projets économiques, des aides financières et des signes de rapprochement diplomatique.

Les autorités cambodgiennes ont nié le fait que leur revirement ait résulté de pressions exercées par d’autres pays membres de l’ASEAN ayant des revendications dans la zone, tels que les Philippines, le Vietnam, la Malaisie ou Brunei.

Soeu Rat Chavy, un haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères, a déclaré que les dirigeants de l’ASEAN ont accepté d’instaurer un code de conduite concernant la mer de Chine méridionale, afin d’assurer paix et stabilité.

Afin de tenter d’apaiser la Chine, le pays hôte a exprimé ses inquiétudes face à l’«internationalisation» du conflit. Cela a été perçu comme une attaque visant les États-Unis et leur partenaire stratégique, l’Inde, qui tentent d’augmenter leur influence en mer de Chine méridionale.

De leur côté, les Philippines et le Vietnam se trouvent au centre d’un conflit prolongé avec la Chine lié aux îles Spratleys et Paracel. L’augmentation des tensions a accentué les craintes d’un conflit naval tel que celui de 1988 où les Chinois et les Vietnamiens s’affrontèrent pour la possession des récifs de Johnson dans les îles Spratleys.

Le sommet a cependant abordé d’autres questions, le premier ministre Hun Sen appelant à la levée des sanctions contre le Myanmar et au redoublement des efforts visant à bâtir la prospérité dans la région.

Traduction: Laura Bour
Photo: Le premieministre cambodgien Hun Sen, au sommet de l’ASEAN 2012 (ASEAN/Flickr)

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