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Thaïlande: les autorités tentent de contrôler les futures inondations

18/02/2012 by IRIN in Climat, Environnement

Le gouvernement thaïlandais multiplie les efforts afin de réduire le risque d’inondation lors de la prochaine saison des pluies, mais d’après les experts, la coordination reste à améliorer.

BANGKOK (IRIN): Une première mesure de 9,6 milliards de dollars a été annoncée le 20 janvier, avant la saison des pluies annuelle de mai à octobre, lors d’un forum sur les inondations organisé par le Conseil de Développement National Economique et Social ainsi que la Banque de Développement Asiatique.

« Si la même quantité d’eau [qu’en 2011] atteint Bangkok cette année, la situation sera améliorée », affirme Chusit Apiramanekal, spécialiste en gestion des eaux du Département de la gestion du risque climatique au Centre asiatique de préparation aux catastrophes (ADPC).

Il n’y a pas encore de période précise, mais le gouvernement réalisera bientôt un plan directeur concernant les activités destinées à réduire le risque d’inondation, incluant le nettoyage des canaux, les systèmes de drainage et l’excavation afin d’éviter que les dégâts de l’an passé ne se reproduisent, comme le fait que « la plupart des voies d’eau et des drainages ne fonctionnaient pas correctement », selon Ti Le Huu, ancien responsable de la sécurité des eaux pour le Service de l’Environnement et de développement à la commission économique et sociale des Nations Unies pour l’Asie et le Pacifique (ESCAP).

La gravité des inondations de 2011, provoquée par des pluies inhabituellement fortes après plusieurs tempêtes et typhons, a mis l’accent sur le besoin en matière de prévention.

Plus de 675 personnes sont mortes et des millions ont été touchées par ce que l’on a qualifié de la plus grave inondation en Thaïlande depuis 50 ans.

Le plan d’action 2012 du gouvernement inclut un budget de 3,9 milliards de dollars pour la construction de défluents de crues et de canal d’évacuation – ce qui fait couler 1 500 m3 par seconde, d’après l’ADPC. Cette année, il est prévu de renforcer les digues, les écluses et les canaux.

En outre, pas loin de 2 milliards de dollars seront utilisés pour changer 324 000 hectares des terres de Chao Phraya, au nord de Bangkok, en terres capables d’absorber jusqu’à dix milliards de mètres cube afin de prévenir l’inondation des zones en contrebas.

La clé de la préparation

L’an dernier, les dégâts ont été accentués par le « manque de préparation des personnes vivant dans les zones touchées, dû en partie à l’absence d’un système de communication efficace pour la transmission d’informations, particulièrement les prévisions en matière d’inondations », a déclaré Le Huu.

Mais il a minimisé le risque de telles inondations en 2012. Dans la même optiaue, l’ADPC déclare qu’il y a peu de chances que les précipitations « exceptionnelles » de 2011 se répètent. Elles étaient à 40% au dessus de la moyenne nationale, c’est-à-dire 70 000 m3 d’eau, d’après Chusit.

« Lorsque les barrages ont tenté de libérer l’eau, les provinces en contrebas étaient déjà inondées. Quand les opérateurs ont essayé de regagner le contrôle, une tempête tropicale a touché la Thaïlande, les forçant à tout libérer », précise-t-il.

La peur des barrages

Alors que la peur des barrages qui pourraient rompre va bon train dans les médias locaux, Deltares, un panel d’experts qui assiste le gouvernement thaïlandais en jouant le rôle de conseillers au Centre des opérations de secours des inondations (FROC), déclare que les barrages fonctionnent à présent au ralenti afin de minimiser les risques d’inondations.

« En 2011, les barrages étaient remplis jusqu’à la limite opérationnelle et les opérateurs ont dû libérer l’eau au mauvais moment. Aux dernières nouvelles, ils ont décidé de travailler au ralenti, de donner une priorité moindre à l’usage agricole et énergétique, afin de favoriser la protection contre les inondations. De ce fait, les risques de rupture des barrages sont minimisés », selon Tjitte Nauta, spécialiste de la gestion de l’eau pour l’Asie du Sud-Est.

D’après les rapports des médias locaux, l’eau des barrages est passée d’une capacité de 91% à environ 84% en deux semaines.

Plus de deux douzaines de barrages dans le bassin de la rivière Chao Phraya ont été construits depuis les années 1950 et les deux plus grands, Bhumipol et Sirikit, se trouvent sur la rivière Ping et Nang dans les provinces nord de Tak et Uttaradit. Ils contrôlent 22% de l’écoulement total de l’eau du bassin de la rivière Chao Phraya.

« Cependant, les législateurs doivent améliorer la coordination, notamment sur les prévisions et les réactions aux inondations.

« Les récentes inondations ont fait comprendre que la structure du gouvernement pour la gestion de l’eau est trop compliquée et pendant une telle crise nationale, il serait vraiment préférable qu’il n’y ait qu’une seule autorité aux commandes », a précisé Nauta.

« Le défi consiste à maintenir la vitesse de travail, l’intérêt et l’implication dans la gestion de l’eau à un niveau élevé du gouvernement », conclut Le Huu.

Article traduit par Caroline Robert (Tradadev)

Article original: THAILAND: Authorities boost flood-control measures

« AlterAsia a traduit, en Français, la version anglaise de l’article original d’IRIN. La traduction n’a pas été revue par IRIN ou les Nations Unies. AlterAsia assume la responsabilité de la précision et de la bonne foi de la traduction. »

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