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La Malaisie expulse un Saoudien, condamné à mort pour un tweet

PETALING JAYA: Le sang du journaliste saoudien Hamza Kashgari renvoyé de force dans son pays souille les mains de la Malaisie. Selon Phil Robertson, directeur général adjoint de la branche asiatique de Human Rights Watch (organisation indépendante consacrée à la protection et à la défense des droits humains dans le monde), la Malaisie n’a pas donné à Kashgari l’opportunité de contacter ses avocats ou l’agence des Nations Unies pour les réfugiés et l’a promptement renvoyé en Arabie Saoudite par avion. En conséquence, Hamza Kashgari sera très probablement confronté à une mort certaine aux mains de son gouvernement.

« Avec son initiative d’expulser Kashgari en Arabie Saoudite, le gouvernement malaisien touche un nouveau fond dans ses manquements au respect des droits de l’homme ; et si Kashgari est exécuté en Arabie Saoudite, il aura son sang sur les mains », a déclaré Phil Robertson à la presse.

Il a ajouté que le gouvernement malaisien n’avait pas permis à Kashgari de contacter ses avocats pendant plusieurs jours et avait empêché des représentants des Nations Unies de le rencontrer, « mais dimanche dernier, la police a informé les avocats que Kashgari se trouvait toujours en détention après avoir été embarqué de force dans un avion ».

Traité d’extradition

Ses avocats ont alors tenté d’obtenir une injonction judiciaire pour empêcher l’expulsion de Hamza Kashgari, mais il était déjà trop tard. Le journaliste saoudien était déjà en route pour son pays d’origine, et ceci, en dépit du fait qu’il n’existe aucun traité officiel d’extradition avec l’Arabie Saoudite.

« Par ses actions, le ministère de l’Intérieur a prouvé une fois de plus qu’il croit que le principe de légalité est celui qu’il choisit et qu’il est plus qu’enclin à agir dans l’ombre pour conserver la liberté de faire ce qu’il veut, quand il veut », a expliqué M. Robertson.

Hamza Kashgari avait trouvé la fuite en Malaisie après que ses tweets aient déclenché l’indignation dans l’État islamiste intransigeant.

Il aurait écrit dans un tweet : « J’ai aimé certaines choses en toi mais j’en ai abhorré d’autres, et je n’ai pas compris beaucoup de choses à ton sujet. Je ne prierai pas pour toi. »

De nombreuses personnes ont réclamé sa tête après qu’il eut prétendument insulté le prophète, ce qui est considéré comme blasphématoire dans l’islam et passible de la peine de mort.

Hamza Kashgari avait eu l’intention de fuir vers la Nouvelle Zélande pour y trouver asile. Il transitait depuis la Jordanie lorsqu’il a été arrêté.

D’après Phil Robertson, la position de la Malaisie est « hypocrite » sur la question des droits de l’homme, surtout en ce qui concerne les Nations Unies. Lors de sa demande d’un siège au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, le gouvernement malaisien s’était engagé à respecter les traités internationaux relatifs aux droits de l’homme: « mais depuis que la Malaisie a obtenu son siège, les chefs de son gouvernement s’éloignent de cette promesse, » explique-t-il.

Patrick Lee, traduit par Cindy Presne (Tradadev)

Article original: Saudi journalist faces certain execution

Photo: DR

 

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