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Une ONG réaffirme son accusation de maltraitance envers les orangs-outans


PETALING JAYA: Agacée par la tendance du gouvernement malaisien à nier tout méfait dès qu’il est question de maltraitance aux animaux, l’ONG britannique de protection des animaux Nature Alert a affirme qu' »il faut apprendre de son passé et non le perpétuer ».

Nature Alert répond à une déclaration du ministère de l’Environnement et des ressources naturelles qui a nié, la semaine précédente, l’affirmation de l’ONG selon laquelle les orangs-outans du zoo de Malacca étaient maltraités.

Le ministère a décrété que les photos prises par Nature Alert montraient les orangs-outans sous un angle destiné à tromper volontairement le public et que ces accusations infondées n’étaient qu’une tentative pour salir l’image de la Malaisie.

« Il semblerait que le Département de la nature et des parcs nationaux (le Perhilitan) et le ministère mettent davantage d’empressement à faire croire au public que la réalité n’est qu’une illusion.

« Il est ridicule de la part du Perhilitan de dire que nous manipulons les orangs-outans pour nuire à la réputation du pays », a avancé Sean Whyte, directeur de Nature Alert.

D’après M. Whyte, les photos des primates prises au zoo de Malacca ne montrent que ce qu’ils ont vu de leurs propres yeux.

« Les photos ne mentent pas et nous non plus. N’importe qui dans la même disposition d’esprit pourrait prendre les mêmes clichés. Les gardiens sont négligents, voire ne font rien », expliqua-t-il.

Sean Whyte raconte qu’à chacune des visites de l’ONG au zoo, y compris la semaine dernière juste après la réaction du ministère, seuls la même mère et le même bébé orangs-outans étaient visibles à l’extérieur.

Il avait réagi à la déclaration du ministère selon laquelle les orangs-outans n’étaient pas enfermés dans des petites cages 24 heures sur 24 et qu’ils pouvaient sortir chacun à leur tour.

« Nous avons pris des photos des autres orangs-outans dans leur cage puisque c’est là qu’ils se trouvent toujours, sauf à l’occasion, pour impressionner un journaliste d’opinion sympathique.

« C’est le Perhilitan qui cause du tort, avec ses négligences trop nombreuses depuis tant d’années. Nous ne décrivons que ce que nous voyons. Ce n’est pas parce que cela dérange le Perhilitan de lire nos lignes qu’elles en deviennent moins vraies. D’ailleurs, quiconque suit les actualités sait que nous sommes loin d’être les seuls à critiquer le Perhilitan », a fait remarquer Whyte.

Il a également rappelé qu’à deux reprises, le gardien d’un orang-outan mâle avait rapporté à Nature Alert que les animaux ne sortaient jamais à l’air libre et au soleil.

Visite refusée à l’enclos de A’ Famosa

M.Whyte a reconnu le reproche du ministère sur son refus d’une invitation amicale à visiter un nouvel enclos à orangs-outans à A’Famosa.

Pour justifier son geste, il a expliqué qu’il n’avait aucune raison de se trouver « en la présence d’une entreprise qui a déjà maltraité des orangs-outans ».

Shiva Lucian, enquêteur pour Nature Alert, a déclaré: « C’est reparti pour un tour. Le Perhilitan et leurs amis de A’ famosa essaient de faire gober n’importe quoi aux médias et au public. En attendant, les orangs-outans restent confinés dans des cages, depuis déjà 12 mois ou plus. »

Shiva a visité A’Famosa la semaine dernière et rapporté que les nouveaux enclos étaient utilisés comme décors de film et qu’aucun orang-outan n’était en vue.

Tant en admettant que c’était là un « grand progrès », il a souligné que ce n’était « rien » puisqu’il s’agissait toujours du même club de golf qui avait « emprisonné huit orangs-outans dans des conditions sordides pendant douze mois et qui avait été pris en flagrant délit de détention de spécimens sauvages dans le passé, mais n’avait jamais été poursuivi. »

« En 2011, huit orangs-outans ont ainsi été parqués dans des cages pendant douze mois à A’Famosa, avec l’entière complicité du Perhilitan. Les quatre orangs-outans de retour à A’Famosa sont-ils de retour derrière les barreaux? Parce qu’ils ne se trouvent certainement pas dans le nouvel enclos extérieur », selon M.Whyte.

L’organisation a appelé à plusieurs reprises au départ des animaux pour un sanctuaire du Sarawak plutôt que pour A’Famosa d’où des orangs-outans avaient été retirés après que des cas de maltraitance aient été rapportés.

« Il est temps que le Perhilitan arrête de discuter et commence à agir pour les centaines d’animaux qui souffrent dans les zoos de Malaisie », dit-elle.

Le 31 décembre, le site d’informations sur Internet Free Malaysia Today a exposé les découvertes de Shiva, membre de l’ONG Friends of Orang Utan (Amis des Orangs-Outans).

Il avait pris des photos d’orangs-outans maltraités, parqués dans des « zones secrètes » du zoo. Il a rapporté avoir vu huit primates retenus captifs dans des cages minuscules dans lesquelles ils pouvaient à peine bouger, sans « une seule feuille » afin d’agrémenter leur environnement.

Le triste sort de ces grands singes avait également été dévoilé dans les versions sur Internet des journaux britanniques The Daily Mirror et Daily Mail. Les articles avaient apparemment suscité un véritable raz de marée électronique: 60 000 courriels de lecteurs en colère avaient été envoyés au Perhilitan et aux dirigeants du zoo.

Condamnant le traitement infligé aux singes, Sean Whyte avait demandé la poursuite judiciaire du personnel du zoo de Melaka par les dirigeants du Perhilitan.

Il a ajouté avoir déposé de nombreuses plaintes auprès des autorités, mais sans que les choses ne changent vraiment.

Teoh El Sen, traduit par Cindy Presne

Article original: NGO stands firm on orang-utan abused claim

Photo: IStock

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