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Inondations au Mékong: le rôle des individus en matière de prévention

29/11/2011 by AlertNet in Climat, Environnement

Article original: Individuals play key role in Mekong crisis prevention (interview UN agency)

Les individus jouent un rôle clé dans la prévention des crises du Mékong. L’interview de Margareta Wahlstrom, représentante spéciale des Nations Unies pour la stratégie internationale de prévention des catastrophes (SIPC).

BANGKOK – « Les pays du Mékong, assiégés par les inondations, doivent renforcer les constructions du bâtiment et engager les citoyens dans les efforts de réduction des risques face aux catastrophes naturelles », a déclaré Margareta Wahlstrom, la représentante spéciale des Nations Unies pour la stratégie internationale de prévention des catastrophes (SIPC).

Des inondations dévastatrices en Thaïlande, au Cambodge et au Vietnam et dans une certaine mesure, au Laos, ont tué près de 1 000 personnes et perturbé la vie de près de 16 millions de personnes depuis le mois de juillet dernier.

«Les inondations sont une sonnette d’alarme très stridente pour les pays de la région. Il est temps d’obtenir des règles plus strictes dans le bâtiment et les infrastructures… et le public doit également être éduqué », a-t-elle ajouté.

Margareta Wahlstrom a également cité le dernier rapport de l’ONU, qui prédit davantage d’événements météorologiques extrêmes dus aux changements climatiques. Dans ce cas, selon elle, la responsabilité individuelle est aussi importante que les réglementations gouvernementales pour maintenir les gens en sécurité.

« Afin de prévenir les crises, les gouvernements doivent ainsi travailler avec les communautés locales et le secteur privé, pour s’assurer que les usines et les quartiers des affaires soient construits dans des zones sûres, a-t-elle ajouté. Les gouvernements gouvernent et édictent des règlements, mais s’ils n’ont pas l’engagement complet ou la compréhension de la communauté, ces derniers ne vont pas au travail (…). Regarder la façon dont vous et moi, dans notre vie quotidienne, nous nous comportons, est très important ».

Elle a souligné la façon dont certaines personnes choisissent de construire des maisons et des usines dans des zones dangereuses ou sur les voies navigables naturelles, sans chercher d’alternative permettant à l’eau de s’écouler. Des décisions qui conduisent à des coulées de boue et à des glissements de terrain lors des crues, qu’elle a qualifiés de plaies « auto-infligées ».

« Beaucoup de ces vulnérabilités s’accumulent parce que les individus que nous sommes prenons ce genre de décisions chaque jour, ce qui ne contribue certainement pas à rendre l’environnement plus sûre », a-t-elle dit.

Une économie intelligente

Les eaux, qui baissent maintenant dans certaines zones de la région, ont également causé des millions de dollars de dommages et intérêts, dans les zones industrielles submergées de Thaïlande, et dans les rizières inondées au Vietnam et au Cambodge.

« Il n’y a pas de solutions simples ou à court terme, mais les gouvernements devraient envisager des mesures telles que la construction de nouvelles zones urbaines et les rendre attrayantes aux personnes, afin d’alléger les pressions hors mégapoles. Une autre leçon apprise est qu’aucune solution d’ingénierie ne dure éternellement », a-t-elle poursuivi, se référant à des digues et à des canaux dans la région qui étaient censés protéger les citoyens, mais étaient trop faibles pour retenir la quantité massive d’eau de cette année. « Ils peuvent avoir été bons pour 20 ou 30 ans mais en raison des changements de l’environnement, de l’augmentation du nombre de personnes vivant dans la région, de la variabilité du climat et du stress, les conditions dans lesquelles elles ont été construites ne sont plus valides », a-t-elle ajouté.

« Le coût de l’ajustement en permanence à de tels changements est important et presque impossible pour la plupart des gouvernements.Pourtant, les gouvernements et les politiciens devraient examiner l’impact financier des catastrophes car il est nettement plus économique d’investir dans la prévention plutôt que de payer pour les dommages plus tard ».

Plus d’événements extrêmes

Les principales conclusions du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) publié ce mois-ci prédisent que certains événements, y compris des vagues de chaleur, de fortes précipitations, des inondations et des glissements de terrain, vont être de plus en plus fréquents et d’une plus en plus grande ampleur, à l’avenir.

Le GIEC a également déclaré qu’il est «probable» – au moins deux chances sur trois – que les températures quotidiennes à travers le monde aient déjà augmenté en raison de l’influence humaine. Pour Mme Wahlstrom, les conclusions du rapport – dont la version complète de 800 pages est prévue pour Février – lancent un défi aux gouvernements sur la question de la responsabilité humaine sur le changement climatique : « S’il est incertain quant à la validité (des données), le gouvernement ne peut pas aller de l’avant. Maintenant la preuve est sur la table. Certains argumentent que cela est dû à ce qui s’est passé il y a deux millions d’années. C’est peut-être intéressant, mais quelle pertinence cela a-t-il? Nous sommes dans une crise en ce moment et c’est cette civilisation qui va à l’égout, pas les deux millions d’années », a-t-elle ajouté.

Une interview de Win Thin Lei pour AlertNet.

Photo: Remkotanis/Flickr

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